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L'enseignement de Sun Tzu appliqué à la gestion de trésorerie en Chine (2ème partie)

Les entreprises présentes en Chine se voient confrontées à une variété de difficultés dont, notamment, le blocage des liquidités, l'accès limité au crédit et une réglementation changeante. Les trésoriers d'entreprise surmonteront ces difficultés par des moyens et méthodes inspirés de l'ouvrage de Sun Tzu

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Retrouvez la première partie de l'article L'enseignement de Sun Tzu appliqué à la gestion de trésorerie en Chine

 

Cet article est la seconde partie d'une traduction d'un article publié par Emmanuelle Weisberg sur GT News, le 11 Septembre 2012.

 

Un cadre juridico-légal mouvant. 

La règlementation chinoise est sujette à des changements importants en ce moment et il peut en résulter des situations inattendues. Les dépôts sont règlementés et les taux d'intérêt peuvent varier entre une limite supérieure et une limite inférieure. Les banques locales attachent une grande importance aux sommes déposées parce que la CBRC exerce un contrôle étroit de leurs ratios prêts / dépôts. Par ailleurs, le taux d'intérêt est lui-même encadré, ce qui signifie que les marges des banques sont à peu près garanties. Ceci rend l'activité bancaire classique plus sûrement rentable aux yeux des banques chinoises que ne l'est l'activité liée aux transactions commerciales génératrice de frais bancaires et de commissions. 

Il est essentiel pour les gestionnaires de trésorerie d'entreprise de garder à l'esprit le caractère mouvant et instable de la législation et de la politique gouvernementale en Chine, et la quasi-impossibilité d'en deviner à l'avance les changements de cap. Une gestion des dépôts minutieuse doit gouverner le financement de l'activité de votre filiale chinoise au quotidien. Cette gestion doit être exercée par des équipes locales souples et très réactives à ce type de changements. 

Le RMB comme devise internationale. 

Entre Juin 2011 et Juin 2012, le nombre de pays et d'établissements acceptant les règlements de facture en RMB a augmenté de 40 et de 60 %, selon le Tracker SWIFT RMB de Juillet 2012. 

Les banques les plus actives dans ce domaine ont vu augmenter le nombre de partenaires en RMB de 68% sur la même période, le chiffre passant de 91 à 153 correspondants. La progression du RMB comme devise internationale se lit également à travers l'évolution du nombre de pays (de 65 à 91 pays, soit une augmentation de 40%) et celui du nombre d'institutions (de 617 à 983, soit une augmentation de 60%). 

Notre recommandation est d'épouser ce mouvement, c'est-à-dire d'adopter une stratégie de développement de l'activité en devises, dans le but notamment de faciliter l'accès au RMB pour le financement de l'activité de la filiale chinoise. Le regroupement des liquidités détenues en plusieurs devises (multi currency cash pooling) doit articuler une politique de couverture de risque de change. 

Développer les paiements par téléphone portable 

La Chine compte aujourd'hui un milliard d'utilisateurs de téléphones portables et se positionne bien sûr au premier rang des marchés. Cette position explique l'enthousiasme soulevé par les services bancaires via les mobiles. La Chine est pionnière en la matière. Les compagnies de téléphone et les banques ont fait connaître une ambition commune, appuyée sur un effort de R et D mené conjointement. Ce type de services constituera dans les années à venir un axe de développement stratégique et nous recommandons donc aux entreprises chinoises et étrangères présentes sur le marché chinois de s'y préparer et de proposer l'encaissement et le règlement de sommes via les téléphones portables. 

Conclusion 

La Chine connaît des changements rapides à l'heure actuelle. Les trois évolutions susceptibles d'occasionner des modifications du monde des affaires sont les suivantes : 

  • Une libéralisation des taux de rémunération des dépôts.
  • Une dérégulation toujours plus prononcée.
  • Une politique visant à permettre aux multinationales de rapatrier les liquidités détenues par leurs filiales et partenaires chinois. 

Par ailleurs, les autorités nationales et régionales mettent en place un ensemble d'initiatives en matière de trésorerie. 

En Août 2012, la Chine a étendu à l'échelle nationale un projet pilote de simplification des procédures de transfert de devises étrangères entre banques et entreprises dans le cadre de l'échange marchand de biens et services. Les entreprises ne sont plus tenues de se soumettre aux procédures de vérification et règlement des sommes reçues en devises au titre d'opération d'exportation de marchandises. 

En lieu et place de cela, l'autorité de contrôle des échanges de devises, la SAFE (State Administration of Foreign Exchange) vérifiera à intervalles réguliers les transactions d'importation et d'exportation et les versements reçus et effectués en devises résultant de ces opérations, entreprise par entreprise. 

Le système de suivi des circulations de devises mis en place par la SAFE vient remplacer l'ancien système de contrôle des versements reçus ou effectués, opération par opération. Le commerce international vers et au départ de la Chine s'en verra grandement facilité, ajoutant une compétitivité nouvelle aux entreprises aujourd'hui actives. 

La Chine met actuellement en place une version avancée de son système national de paiement (China National Advanced Payment System - ou CNAPS). Une version nouvelle, CNAPS 2 est en cours d'installation. Cette nouvelle génération proposera de nouvelles fonctionnalités et permettra les mouvements de sommes importantes en RMB d'une région à l'autre. En revanche, le réseau atomisé de caisses de compensation régionales locales restera en place. 

La Chine développe le fonctionnement en réseau de son système de compensation en RMB avec les marchés financiers internationaux, comme par exemple la Bourse des Valeurs, ou la Chambre de compensation des obligations. Le CNAPS est à présent connecté au à la Chambre de compensation des obligations de Hong Kong. Les investisseurs peuvent dès à présent acheter et vendre des obligations en RMB et en effectuer le règlement à l'étranger par un système de paiement automatisé. L'opération est traitée automatiquement en RMB de bout en bout.

Shanghai et Pékin ont lancé chacune un programme d'établissement de Centres de Trésorerie Régionale (RTCs) à l'endroit des multinationales implantées en Chine (MNCs). Ces programmes s'accompagnant de conditions préférentielles et de procédures simplifiées, de nombreuses MNCs ont élu de retenir les localités proposées. 

La Chine, à travers ces développements multiples, se positionne ainsi comme un marché parfaitement adapté à l'activité des MNCs et à celle de leurs équipes de gestion de trésorerie respectives.

 

 

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